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GTO - Great Teacher Onizuka

Great Teacher Onizuka est un shōnen manga faisant suite à Shonan jun’ai gumi et à Bad Company, narrant tout deux l’adolescence de Eikichi Onizuka. Grand succès de Tōru Fujisawa, GTO est prépublié dans l'hebdomadaire Weekly Shōnen Magazine, et reçoit le Prix du manga de son éditeur Kōdansha dans la catégorie « Shōnen » en 1998. La version française est éditée par Pika Édition depuis février 2001.

 

L’histoire

Eikichi Onizuka, 22 ans, cherche un boulot désespérément après ses années passées à la FAC. Pas très en phase avec la réalité, ses prétentions salariales sont « d’à peine » 100 000 euros par an. Ce qu’il recherche est un emploi pas trop exigeant et lui permettant de rencontrer le showbiz ainsi que de vivre dans les beaux quartiers de Tokyo... Fier de son passé de bosozoku et de ses 83 arrestations, le jeune homme est une grande gueule à la dégaine à la hauteur de sa légende. En effet, il est connu comme le démon de Shônan, respecté de tous. Véritable cliché ambulant, il passe une grande partie de son temps à visionner des films X et à collectionner les échecs sentimentaux. D’ailleurs, c’est à la suite d’une expérience regrettable qu’Onizuka a une révélation : il sera professeur. Toutefois, bien qu’il ne voit en l'enseignement qu'un moyen de se rapprocher de jeunes étudiantes, le nouveau professeur ne fait pas l'unanimité parmi ses collègues. Soutenu par la secrétaire générale du collège qui l’embauche, il est ouvertement détesté par son sous-directeur, mais qu'importe. Onizuka doit gérer une classe de fortes têtes d’un collège, et grâce à ses qualités humaines, gagne petit à petit la confiance de ses élèves et les pousse à devenir meilleurs.

 

 

Onizuka est un loser sans emploi, diplômé d’une université douteuse, qui décide pourtant de devenir le plus grand enseignant du Japon. Non pas qu’il souhaite devenir le plus grand pédagogue du pays en faisant face aux problèmes éducatifs, mais pour perdre son « pucelage ». Après être enfin parvenu à trouver une place dans un collège, il fait connaissance avec ses nouveaux collègues et sa hiérarchie avant de prendre ses nouvelles fonctions en tant que professeur principal des élèves de la 3ème-4.

Les bases sont posées, nous allons donc découvrir un grand nombre de personnage hauts en couleur qui n'en finiront plus de poser des problèmes au Great Teacher, hormis l'adorable professeur Azusa Fuyutsuki et la directrice Sakurai, qui très tôt placeront toute leur confiance en Onizuka. Ses élèves prendront un malin plaisir à mettre le nouveau professeur dans des situations toujours plus délicates et improbable, tout comme le sous-directeur qui ne peut accepter un tel « parasite » dans le corps enseignant, situations qu’Onizuka arrivera toujours à émerge. Cependant, la 3ème-4 qui a perdu toute confiance dans le corps professoral pourra compter sur le Great Teacher pour leur redonner confiance en eux, voir même goût en la vie.

Après un début dynamique et un arc original en milieu de série, on remarque un schéma repris pendant toute la série qui joue des gags redondants, de manière plus ou moins efficace selon les moments de la série. La répétition suscite un sentiment de lassitude fort dommageable mais le final est original et marquant. La série demeure hilarante avec son ton léger, parfois vulgaire. Néanmoins, l'auteur distille dans son œuvre une critique plus ou moins ouverte de la société japonaise avec des thèmes forts : l'anticonformisme, le rejet de la morale, la dénonciation de la mesquinerie, la perte de la foi en les autres. Et abord de façon maitrisée des valeurs essentielles tel que l'amitié, la confiance en soi et en la famille/amis, la loyauté ou encore le sens des responsabilités.

 

 

Autre élément essentiel, et très bien traité dans le manga est les personnages. Onizuka tout d’abord, est vraiment attachant. Certes c’est un voyou et il le revendique. Il n'a pas la langue dans sa poche en plus d’être arrogant, prétentieux, comme dit plus haut... Mais est incroyablement empathique et sincère. Nous éprouvons de la sympathie pour lui, car malgré tout il est juste et bienfaisant, n’hésitant pas à venir en aide à ceux qui ont besoin de lui. Respecté et admiré par certain(e)s, craint, ou conspués par d’autres, il est pourtant le chainon manquant entre les élèves difficiles car perdus, et les profs désabusés ; comme Onizuka a pu l’être lui-même. Ce professeur atypique convint ses élèves les plus récalcitrants, car il ne triche pas avec eux, ne les trahira jamais. Derrière ce personnage haut en couleur, se dessine en filigrane le reflet d'une société japonaise ancrée dans son conformisme, où les enfants sont blasés et n'ont aucune confiance envers les adultes qu'ils jugent méprisables. Ces derniers sont incapables de fournir aux adolescents les repères dont ils ont besoin, de leur inculquer le respect et la manière de vivre dans une société qu'ils jugent sans intérêt et surtout sans avenir.

Ces adultes qui sont eux-mêmes découragés, perdus, mis face à leur propre échec, plus apeurés à l'idée de perdre leur situation que leurs enfants... Finalement, enfants et adultes sont tous deux victimes d'un système de concurrence, de rabaissement des capacités de chacun, toujours plus apte à descendre un être qui ne rentre pas dans le moule que de galvaniser ses qualités propres. Les enfants rejettent cette société qui ne les écoute pas, qui ne leur ressemble pas et les empêche d'évoluer. Pourtant, ils ne cherchent pas à en concevoir un autre, préférant s’enliser dans l'opposition brute et aveugle, plutôt que de chercher un renouveau. Quant aux adultes, enfermés depuis toujours dans ce système, ils ne savent pas comment en sortir. Et c'est cette faille qu'on ressent dans GTO, cette rupture où chacun essaie de montrer qu'il existe, avec Onizuka au milieu de tous, essayant autant que faire ce peu de régler les problèmes de chacun. Tout cela engendre évidemment des situations biscornues qui s'enchainent sans temps mort.  Mais la violence et la désillusion que nous ressentons entre les mots, dans chaque histoire ont un arrière-goût de réel...

 

 

Le « Great Teacher Onizuka », officiellement prof d'éducation civique, qui, à défaut de donner de vrais cours théoriques à ses fameux élèves lorsqu’il ne les sèche pas lui-même (!), leur apprend chaque jour un peu plus ce qu'est la vie, ce qu'est de vivre en société, même quand ils pensent être les derniers des derniers, car n’étant pas dans le meilleur des collèges. Se croyant sans intérêt et ayant perdu leur étincelle de vie.  Ils (re)découvrent ce qu’est la dignité, entouré de bon nombre d'autres personnages, tous attachants à leur manière, avec leurs qualités et leurs défauts propres à chacun. Certains sont pires que d’autres sous leur façade de « monsieur propre et bien-sous-tout-rapport ». Nous pourrions citer rapidement la ribambelle de personnages originale auquel nous nous attachons au fur et à mesure.

Il y a d’abord l’agréable, Azusa Fuyutsuki qui est, avec la bienveillante secrétaire générale, Ryoko Sakurai, la seule à croire en Onizuka, à l’encourager et à l’admirer quelques peu. Fuyutsuki est timide, pudique, et assez naïve ce qui fait qu'il lui est très difficile d'entretenir de bons rapports avec ses élèves, qui n’hésitent pas à lui marcher sur les pieds. Elle est la seule parmi les professeurs à ne pas le détester, contrairement à Hajime Fukuroda, le prof de sport de l'école, qui hait littéralement Onizuka. Mais cette haine est davantage de la jalousie. En effet, Onizuka est cool et les élèves l'estiment énormément. Autre professeur à être diamétralement opposé à Onizuka est Suguru Teshigawara. Tout d’abord car il est sorti major de sa promotion, de la plus prestigieuse université du Japon et est très poli. Cependant, ce professeur de mathématique est obsédé par Azusa Fuyutsuki. Il ne vit plus que pour elle, va jusqu’à l’espionner chez elle. Pour lui Onizuka n’a pas du tout le niveau requis pour enseigner et mettra tout en œuvre pour le faire renvoyer. Il en est de même pour Hiroshi Uchiyamada, « crane d’œuf », qui considère Onizuka comme une erreur de la nature, un « parasite ». Le sous-directeur est d’autant plus déterminé à se débarrasser de l’électron libre, lorsqu’il surprend Onizuka draguer sa fille. Parmi la classe réputée difficile qu’est la 3ème 4, Onizuka rencontrera dans un premier temps Noboru Yoshikawa, lorsqu’il tente de mettre fin à ses jours. Véritable souffre douleurs de sa classe, et plus particulièrement de la bande d'Anko Uehara, Onizuka le prend sous sa protection, ce qui permet à l’adolescent de s’ouvrir aux autres et réussi à établir le contact avec tout d'abord Kikuchi puis Muraï. Yoshito Kikuchi est comme tous les élèves, d’abord très méfiant vis-à-vis du nouveau professeur, n’hésitera pas à créer des photos montages très particulier afin de le faire renvoyer. Pourtant, il se ralliera rapidement à Onizuka, se rendant compte de sa sincère sympathie. Kunio Muraï est le meneur pour le renvoi d'Onizuka, mais il sera quand même l'un des premiers à changer de camp, après une fameuse nuit placée sous le signe de « Doraemon ». Il est la copie conforme de son professeur au même âge : bagarreur, résultats scolaires frôlant le négatif, une déveine ahurissante avec les filles. Muraï se voit dessiner un avenir radieux parmi les abrutis géniaux. Toujours accompagné de ses meilleurs potes Fujiyoshi et Kusano, qui aiment bien passer du temps chez lui, surtout pour Julia Muraï, sa mère. Kunio n’a que 14 ans d’écart avec elle et a développé un complexe d'œdipe, qui sera source intarissable de problèmes. Nous n’allons pas faire la liste de l’ensemble de personnage du manga, elle serait interminable et cela vous gacherez surement le plaisir de les découvrir.

Terminons cependant avec Ryuji Danma, le meilleur ami d'Onizuka depuis toujours. De nature bien plus paisible, il sera là essentiellement pour sortir des galères pas possibles dans lequel le Great Teacher se mettra. En fait, contrairement à Onizuka, on peut dire que Ryuji a une vie stable et est devenu adulte.

 

 

Graphiquement, même si le design des visages s'avère répétitif et le fait que Toru Fujisawa ait parfois du mal à véhiculer certaines émotions à travers ses personnages, l’ensemble est convaincant. Les décors sont riches, les personnages soignés, le tout grâce à un trait dynamique, fluides et efficaces. Côté édition, Pika a eu la très bonne idée d’inclure dans chacun des volumes, un lexique expliquant certains termes ou références culturelles. Agréable pour bien comprendre le récit. Great Teacher Onizuka est un shônen atypique jonglant entre phase d’actions, tranches de vie, humour, références culturelles et regard sur le malaise de la jeunesse japonaise.

 

Derrière l'incongruité de certaines situations et un humour souvent potache, GTO est un manga bien plus profond qu'il n’y paraît. Toru Fujisawa évoque la démission de la famille, la difficulté à communiquer de certains élèves, leur absence de motivation ou leur désir frustré de reconnaissance, et invite à une réflexion sur la place des adolescents au sein de la société japonaise. À chaque collégien mal dans sa peau, le Great Teacher apporte sa réponse, souvent peu orthodoxe mais efficace. Une façon de se racheter, peut-être, quand on connaît son passé turbulent...

 

 

 Mesekiel, est tombé dans la culture japonaise très jeune et tente au mieux de partager sa passion. Après des années investis dans ce domaine, il est devenu un connaisseur avec une liste soigneusement classée de livres et d’animes dévorés.

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Shakka 22/01/2020 11:24

Dommage que le manga "fatigue" au bout d'un moment...